Avant un travail en hauteur, vérifiez les accès, protections collectives, harnais, ancrages, équipements et secours grâce à cette checklist.

1. Définir précisément le travail à réaliser

Avant de choisir un équipement, il faut connaître la nature exacte de l’intervention :

  • lieu et hauteur de travail ;
  • durée et fréquence de l’opération ;
  • déplacements nécessaires ;
  • outils et matériaux à transporter ;
  • nombre de personnes présentes ;
  • contraintes liées à l’environnement ;
  • présence d’ouvertures, de trémies ou de matériaux fragiles ;
  • conditions météorologiques lorsque le travail est réalisé à l’extérieur.

Cette analyse permet d’identifier les risques réels et de choisir une organisation adaptée. Une intervention de maintenance ponctuelle ne présente pas les mêmes contraintes qu’un déplacement prolongé sur une toiture ou qu’un travail sur pylône.

L’intervention doit être reportée ou interrompue lorsque la météo ou l’environnement du poste est susceptible de compromettre la santé ou la sécurité des travailleurs. article R.4323-68.

2. Vérifier si le travail en hauteur peut être évité

Le premier principe de prévention consiste à supprimer le risque lorsque cela est possible.

Avant d’organiser l’intervention, l’entreprise doit donc rechercher si certaines opérations peuvent être réalisées depuis le sol : utilisation d’un outil télescopique, déplacement d’un équipement, préfabrication d’un élément ou modification de la méthode de travail.

Lorsque le travail en hauteur ne peut pas être évité, les risques doivent être évalués et combattus à la source, conformément aux principes généraux de prévention.

3. Choisir un moyen d’accès et un poste de travail adaptés

Le moyen d’accès doit être choisi en fonction de la tâche, de sa durée et de l’environnement.

Selon la situation, il peut notamment s’agir :

  • d’une plateforme individuelle roulante légère ;
  • d’un échafaudage fixe ou roulant ;
  • d’une plateforme élévatrice mobile de personnel ;
  • d’un escalier ou d’une passerelle sécurisée ;
  • d’un équipement permanent d’accès ;
  • d’une échelle utilisée uniquement dans les conditions autorisées.

Le Code du travail prévoit que les travaux temporaires en hauteur soient réalisés à partir d’un plan de travail conçu, installé ou équipé pour préserver la santé et la sécurité des travailleurs.

Les échelles, escabeaux et marchepieds ne sont pas des postes de travail. Leur utilisation à cette fin n’est admise qu’en cas d’impossibilité technique de recourir à un équipement assurant la protection collective, ou lorsque l’évaluation des risques conclut à un risque faible pour des travaux de courte durée et non répétitifs, conformément à l’article R.4323-63 du Code du travail.

4. Donner la priorité aux protections collectives

Les protections collectives doivent être privilégiées avant le recours au harnais antichute.

Il convient notamment de vérifier la présence et la continuité :

  • des garde-corps ;
  • des protections de rives ;
  • des planchers de travail ;
  • des dispositifs protégeant les trémies et ouvertures ;
  • des filets ou dispositifs de recueil adaptés ;
  • des accès sécurisés.

Les garde-corps et autres moyens offrant une sécurité équivalente constituent les dispositifs prioritaires pour prévenir les chutes depuis un plan de travail. Le port d’un harnais ne doit pas servir à compenser automatiquement l’absence d’une protection collective qui pourrait être installée.

Pour approfondir ce point, consultez notre guide sur les obligations de l’employeur concernant le travail en hauteur.

5. Identifier les points d’ancrage autorisés

Lorsqu’un équipement de protection individuelle antichute est nécessaire, le choix du point d’ancrage est essentiel.

Avant l’intervention, il faut notamment s’assurer que :

  • le point d’ancrage a été clairement identifié ;
  • son utilisation est autorisée pour l’opération prévue ;
  • le support présente une résistance adaptée ;
  • le dispositif est compatible avec le système de liaison utilisé ;
  • la notice et les consignes du site sont disponibles ;
  • l’utilisateur connaît le parcours de déplacement autorisé.

Un garde-corps, une canalisation ou un élément de charpente ne constitue pas automatiquement un point d’ancrage. L’ancrage et son support doivent être sélectionnés et évalués par des personnes compétentes.

6. Contrôler le tirant d’air et le risque pendulaire

Porter un harnais ne suffit pas à garantir la sécurité.

Le système d’arrêt de chute doit être choisi en tenant compte :

  • de la hauteur libre disponible sous l’utilisateur ;
  • de la longueur de la longe ;
  • du déploiement éventuel de l’absorbeur d’énergie ;
  • de l’allongement des différents composants ;
  • de la position du point d’ancrage ;
  • du risque de heurter une structure pendant la chute ;
  • de l’effet pendulaire.

Un tirant d’air insuffisant peut entraîner un choc contre le sol ou un obstacle avant que le système antichute n’ait complètement arrêté la chute.

7. Examiner les équipements avant leur utilisation

Chaque utilisateur doit effectuer un contrôle visuel de ses équipements avant de commencer le travail.

Cette vérification concerne notamment :

  • le harnais ;
  • les sangles et coutures ;
  • les longes ;
  • les absorbeurs d’énergie ;
  • les connecteurs ;
  • les antichutes mobiles ou à rappel automatique ;
  • les cordes et supports d’assurage ;
  • les marquages et étiquettes d’identification.

Toute coupure, déformation, trace de brûlure, corrosion, couture endommagée ou absence de traçabilité doit être signalée. Un équipement douteux, détérioré ou ayant arrêté une chute doit être immédiatement mis à l’écart.

Ce contrôle avant utilisation ne remplace pas les vérifications périodiques réalisées par une personne qualifiée.

Les systèmes de protection individuelle contre les chutes de hauteur doivent notamment avoir fait l’objet, depuis moins de douze mois au moment de leur utilisation, d’une vérification générale périodique réalisée par une personne qualifiée. Une fréquence plus courte peut être imposée par la notice du fabricant ou par les conditions d’utilisation. Le résultat de cette vérification doit être consigné dans le registre de sécurité.

Formation vérification EPI contre les chutes de hauteur

8. Vérifier les compétences et la formation des intervenants

Les salariés doivent connaître les risques et maîtriser les équipements qu’ils utilisent.

La formation doit être adaptée :

  • au poste de travail ;
  • aux équipements mis à disposition ;
  • au type d’intervention ;
  • aux points d’ancrage et lignes de vie présents ;
  • aux procédures internes de l’entreprise ;
  • aux conditions réelles du site.

Lorsqu’un travailleur utilise un équipement de protection individuelle, l’article R.4323-106 du Code du travail prévoit une formation adéquate comportant, lorsque cela est nécessaire, un entraînement pratique au port de l’équipement.

Cette formation doit être renouvelée aussi souvent que nécessaire pour maintenir une utilisation conforme aux consignes.

9. Sécuriser la zone située sous l’intervention

La prévention ne concerne pas seulement la personne travaillant en hauteur. Les salariés, visiteurs ou intervenants présents au sol peuvent également être exposés à une chute d’outil ou de matériau.

Avant le commencement des travaux, il convient donc de :

  • baliser la zone dangereuse ;
  • empêcher les circulations sous le poste de travail ;
  • organiser le stockage des outils et des matériaux ;
  • utiliser, lorsque cela est nécessaire, des dispositifs de retenue des outils ;
  • coordonner les différentes entreprises présentes ;
  • contrôler les accès à la zone.

Les risques liés à la coactivité doivent être intégrés à la préparation de l’intervention et, lorsque la réglementation l’exige, au plan de prévention.

10. Prévoir l’alerte et le secours d’une personne suspendue

L’organisation des secours doit être définie avant le début de l’intervention.

Il faut notamment déterminer :

  • qui déclenche l’alerte ;
  • comment les secours sont contactés ;
  • comment ils accèdent au lieu de l’accident ;
  • quel matériel d’évacuation est disponible ;
  • quelles personnes sont formées à son utilisation ;
  • comment une victime suspendue peut être secourue rapidement sans provoquer de suraccident.

Lorsqu’un système individuel de protection contre les chutes est utilisé, le travailleur ne doit pas rester seul. L’article R.4323-61 du Code du travail prévoit qu’il puisse être secouru dans un délai compatible avec la préservation de sa santé.

Le simple fait de disposer d’un téléphone ou d’appeler les secours publics ne remplace pas une procédure adaptée aux caractéristiques du site.

Formation Secours en hauteur

Important : cette checklist ne remplace ni l’évaluation des risques, ni le mode opératoire de l’entreprise, ni les notices des fabricants, ni les vérifications réglementaires applicables aux équipements, ni, selon le contexte, le plan de prévention ou le PPSPS.

La checklist à retenir avant un travail en hauteur

Avant d’autoriser le démarrage de l’intervention, vérifiez que :

  • le travail et son environnement ont été analysés ;
  • le travail en hauteur ne peut pas être évité ;
  • le moyen d’accès est adapté ;
  • les protections collectives sont prioritaires ;
  • les points d’ancrage sont identifiés et autorisés ;
  • le tirant d’air et l’effet pendulaire sont maîtrisés ;
  • les équipements ont été contrôlés ;
  • les intervenants sont formés ;
  • la zone située au sol est sécurisée ;
  • la procédure d’alerte et de secours est opérationnelle.

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Former les salariés au travail en hauteur

Une formation efficace doit comprendre des exercices pratiques adaptés aux situations réellement rencontrées par les participants : contrôle et réglage du harnais, choix du système de liaison, connexion aux dispositifs autorisés, déplacement en sécurité, prise en compte du tirant d’air et application des consignes d’urgence.

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Rédigé le 29 août 2026 par EVINCEL Formation et relu par Lucien DAMET.

Équipe EVINCEL vérifiant un harnais avant une intervention en hauteur sur une toiture sécurisée