Lorsqu’une atmosphère explosive peut se former en quantité dangereuse, l’employeur doit organiser une démarche spécifique de prévention du risque d’explosion.
Il doit notamment :
Ces obligations résultent notamment des articles R.4227-42 à R.4227-54 du Code du travail.
Les atmosphères explosives, souvent appelées ATEX, concernent de nombreux secteurs d’activité : industrie chimique, pétrochimie, agroalimentaire, traitement des déchets, silos, menuiseries, peinture, maintenance industrielle, stations-service, laboratoires, chaufferies ou encore zones de stockage de produits inflammables.
Une ATEX peut se former lorsqu’un mélange d’air et de substances inflammables est présent sous forme de gaz, vapeurs, brouillards ou poussières combustibles. En présence d’une source d’inflammation, ce mélange peut provoquer une explosion aux conséquences graves pour les travailleurs, les installations et la continuité d’activité.
La formation ATEX permet aux salariés, techniciens, agents de maintenance, encadrants et intervenants extérieurs de comprendre les risques, d’adopter les bons comportements et de respecter les consignes de sécurité propres aux zones à risque d’explosion.
Une zone ATEX est un emplacement dans lequel une atmosphère explosive peut se former en quantité susceptible de présenter un risque pour la santé et la sécurité. Le classement dépend de la nature du produit inflammable ainsi que de la fréquence et de la durée de présence de l’atmosphère explosive.
| Présence de l’atmosphère explosive | Gaz, vapeurs et brouillards | Poussières combustibles |
|---|---|---|
| Permanente, fréquente ou pendant de longues périodes | Zone 0 | Zone 20 |
| Occasionnelle en fonctionnement normal | Zone 1 | Zone 21 |
| Non susceptible de se présenter en fonctionnement normal et, si elle se présente néanmoins, seulement pendant une courte durée. | Zone 2 | Zone 22 |
Le numéro de zone caractérise la probabilité et la durée de présence de l’atmosphère explosive. Il ne mesure pas directement la gravité potentielle d’une explosion. Le zonage permet ensuite de déterminer les matériels adaptés, les procédures de travail, la signalisation, les contrôles et les mesures organisationnelles nécessaires.
Les couches, dépôts et accumulations de poussières combustibles doivent également être pris en compte, car ils peuvent former une atmosphère explosive lorsqu’ils sont remis en suspension.
À ne pas confondre : une zone ATEX 0, 1 ou 2 décrit la fréquence de présence d’une atmosphère explosive gazeuse. Un niveau de formation ATEX 0, 1 ou 2 correspond à une organisation pédagogique. Une catégorie d’appareil 1, 2 ou 3 indique son niveau de protection. Ces trois classements ne sont pas interchangeables.
| Zone | Catégories admissibles |
|---|---|
| 0 | 1G |
| 1 | 1G ou 2G |
| 2 | 1G, 2G ou 3G |
| 20 | 1D |
| 21 | 1D ou 2D |
| 22 | 1D, 2D ou 3D |
Cette correspondance ne suffit pas, à elle seule, à valider l’utilisation d’un appareil en zone ATEX. L’adéquation doit également être vérifiée selon le groupe de gaz ou de poussières, la classe de température ou la température maximale de surface, le niveau de protection de l’équipement et les conditions particulières d’utilisation prévues par le DRPCE.
Le zonage ATEX doit être établi à partir d’une analyse des substances présentes, des procédés utilisés et des conditions réelles de fonctionnement de l’établissement. Il ne peut pas être déterminé uniquement à partir d’un exemple générique.
La démarche comprend généralement les étapes suivantes :
Le zonage doit être réexaminé lorsque les procédés, les substances, la ventilation, les équipements ou l’organisation du travail sont modifiés.
Lorsque des atmosphères explosives peuvent se former en quantités susceptibles de présenter un risque, l’employeur doit délivrer aux travailleurs concernés une formation suffisante et appropriée en matière de protection contre les explosions.
La réglementation n’impose toutefois ni une formation portant obligatoirement l’appellation « ATEX 0, 1 ou 2 », ni une durée uniforme, ni une périodicité générale de recyclage. Le contenu de la formation doit être défini selon l’évaluation des risques, les missions confiées, le zonage, les équipements utilisés et les procédures propres à l’établissement.
L’employeur applique les mesures de prévention dans l’ordre suivant :
Cette obligation s’inscrit dans une démarche globale comprenant notamment l’évaluation du risque d’explosion, le classement des zones ATEX, la signalisation des emplacements concernés, l’établissement du DRPCE et la formation des travailleurs exposés.
La formation ATEX ne doit donc pas être considérée comme une simple formalité administrative. Elle constitue une mesure de prévention essentielle pour permettre aux salariés d’identifier les situations dangereuses, de respecter les procédures et d’intervenir en sécurité.
Le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions, ou DRPCE, fait partie des obligations de l’employeur. Il est intégré au Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, le DUERP.
Le DRPCE doit notamment préciser :
Le DRPCE est élaboré avant le commencement du travail. Il doit être révisé lorsque des modifications, des extensions ou des transformations notables concernent les lieux, les équipements de travail ou l’organisation de l’activité.
Il est également pertinent d’y documenter l’organisation de l’information et de la formation des travailleurs, même si la formation ne constitue pas, à elle seule, l’une des sept rubriques expressément énumérées par l’article R.4227-52 du Code du travail.
Une formation ATEX cohérente doit donc être adaptée au contexte réel de l’entreprise : type de zone, nature des produits, activité exercée, niveau d’intervention, présence de maintenance, coactivité, intervention d’entreprises extérieures ou travaux par points chauds.
Les niveaux ATEX 0, 1 et 2 constituent une organisation pédagogique couramment utilisée pour adapter la formation aux missions et aux responsabilités des participants. Ils ne correspondent pas à des catégories réglementaires universelles et ne doivent pas être confondus avec les catégories 1, 2 et 3 des appareils ATEX.
La formation ATEX niveau 0 s’adresse généralement aux salariés qui évoluent occasionnellement à proximité d’une zone ATEX ou qui doivent comprendre les consignes de base.
Elle permet de connaître :
Ce niveau est particulièrement adapté aux opérateurs, visiteurs encadrés, agents logistiques, personnels administratifs exposés ponctuellement ou salariés intervenant sans action technique directe sur les installations.
La formation ATEX niveau 1 concerne les personnes amenées à intervenir en zone ATEX dans le cadre de leur activité : production, exploitation, nettoyage, maintenance simple, contrôle, intervention de proximité ou travaux encadrés.
Elle aborde notamment :
Ce niveau est essentiel pour les salariés qui doivent agir en sécurité dans un environnement potentiellement explosif.
La formation ATEX niveau 2 s’adresse plutôt aux personnes chargées de préparer, encadrer, superviser ou réaliser des interventions plus complexes en zone ATEX.
Elle peut concerner :
Ce niveau permet d’approfondir la réglementation, le zonage, les matériels ATEX, les modes de protection, la préparation des interventions, la coactivité, les autorisations de travail et les exigences de traçabilité.
La formation ATEX concerne toute personne susceptible d’être exposée à une atmosphère explosive ou d’intervenir dans une zone classée.
Les publics concernés peuvent être :
Le contenu de la formation doit être adapté au rôle réel du participant. Un opérateur qui applique des consignes n’a pas les mêmes besoins qu’un technicien qui intervient sur un équipement ou qu’un responsable qui valide une méthode d’intervention.
Une formation ATEX doit permettre de comprendre les mécanismes d’une explosion et les moyens de prévention associés.
Les principaux thèmes abordés sont généralement :
L’objectif est de rendre les participants capables d’identifier les situations à risque et d’appliquer les mesures de prévention prévues par l’entreprise.
Les risques ATEX ne concernent pas uniquement l’électricité. Une explosion peut être déclenchée par une source d’inflammation électrique, mais aussi par une source mécanique, thermique, chimique ou électrostatique.
Une formation ATEX peut donc être orientée :
Cette distinction est importante pour proposer une formation réellement adaptée aux missions des salariés.
Les entreprises extérieures interviennent souvent dans des environnements qu’elles connaissent moins bien : maintenance, nettoyage, travaux neufs, installation d’équipements, chaudronnerie, électricité, ventilation, contrôle ou vérification.
Lorsqu’elles interviennent en zone ATEX, la coordination avec l’entreprise utilisatrice est indispensable. Les consignes, permis de travail, plans de prévention, zones classées, équipements autorisés et procédures d’urgence doivent être clairement expliqués.
Former les intervenants extérieurs permet de réduire les risques liés à la coactivité et d’éviter les erreurs fréquentes : utilisation de matériel non adapté, production d’étincelles, absence de contrôle d’atmosphère, non-respect d’un permis de feu ou intervention sans autorisation.
Chaque employeur assure la formation de ses propres salariés. En cas de coactivité, le chef de l’entreprise utilisatrice coordonne les mesures de prévention et précise dans le DRPCE le but, les mesures et les modalités de cette coordination.
Cette coordination est expressément prévue par l’article R.4227-53. Le contenu obligatoire du DRPCE est détaillé par l’article R.4227-52.
La réglementation ne fixe pas une durée de validité unique pour toutes les formations ATEX. La périodicité de renouvellement dépend de l’évaluation des risques, des procédures internes, du poste occupé, de l’évolution des installations et des exigences de l’entreprise.
En pratique, un recyclage est fortement recommandé lorsque :
De nombreuses entreprises mettent en place un recyclage périodique afin de maintenir les connaissances et les bons réflexes des salariés exposés.
La formation ATEX peut être organisée en intra-entreprise, directement sur le site du client, ou en inter-entreprises, dans un centre de formation.
La formation intra présente un avantage important : elle permet de travailler sur les risques réels de l’établissement, les zones existantes, les procédures internes, les équipements utilisés et les situations concrètes rencontrées par les salariés.
La formation inter-entreprises est pertinente pour former un ou plusieurs salariés issus de différentes structures, notamment lorsqu’il s’agit d’une sensibilisation, d’un premier niveau d’intervention ou d’un besoin rapide de montée en compétence.
EVINCEL Formation accompagne les entreprises dans leurs formations réglementaires en santé et sécurité au travail. Nos formations ATEX sont conçues pour aider les employeurs à répondre à leurs obligations tout en donnant aux salariés des repères simples, concrets et directement applicables sur le terrain.
Nos formations peuvent être adaptées selon :
L’objectif est clair : permettre aux équipes de comprendre le risque d’explosion, de respecter les consignes, d’éviter les sources d’inflammation et d’intervenir en sécurité dans les environnements concernés.
Les opérateurs, techniciens, agents de maintenance, électriciens, mécaniciens, encadrants, personnels HSE et entreprises extérieures amenés à intervenir ou circuler en zone ATEX sont concernés.
Le niveau 0 correspond généralement à une sensibilisation, le niveau 1 à l’intervention en zone ATEX, et le niveau 2 à la préparation, l’encadrement ou la réalisation d’interventions plus complexes.
Il n’existe pas de durée réglementaire unique. Le recyclage dépend de l’évaluation des risques, des procédures internes, du poste occupé et des évolutions de l’entreprise.
Non. Le risque ATEX peut être lié à l’électricité, mais aussi à des sources mécaniques, thermiques, électrostatiques ou organisationnelles. Les mécaniciens, opérateurs et encadrants peuvent également être concernés.
Oui. La formation ATEX en intra-entreprise est souvent pertinente, car elle permet d’adapter le contenu aux zones, équipements et procédures propres au site.
Les secteurs concernés sont notamment l’industrie chimique, l’agroalimentaire, les silos, la menuiserie, la peinture, le traitement des déchets, les stations-service, la maintenance industrielle et les sites utilisant des produits inflammables ou des poussières combustibles.
L’employeur reste responsable de l’évaluation du risque d’explosion et du classement des emplacements. Il peut s’appuyer sur une personne compétente interne ou sur un intervenant extérieur possédant les connaissances nécessaires sur les substances, les procédés, la ventilation et les installations concernées.
Le DRPCE doit être révisé lorsque des modifications, extensions ou transformations notables affectent les lieux de travail, les équipements ou l’organisation de l’activité. Il doit également rester cohérent avec l’évaluation des risques et le zonage en vigueur.
Non. La réglementation impose une formation suffisante et appropriée, mais ne fixe pas de durée de validité générale de trois ans pour toutes les formations ATEX. La périodicité du recyclage dépend des risques, des missions, des procédures internes et de l’évolution des installations.
La zone 0 désigne un emplacement où une atmosphère explosive gazeuse est présente en permanence, fréquemment ou pendant de longues périodes. La formation ATEX niveau 0 est une appellation pédagogique couramment utilisée pour sensibiliser les personnes susceptibles de circuler ou de travailler à proximité d’une zone ATEX.
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Publié le 30 août 2026 – Mis à jour le 19 septembre 2026. Contenu rédigé par EVINCEL Formation et relu par Lucien DAMET, formateur spécialisé en prévention du risque ATEX.